Longueur de coque : 9 m
Longueur flottaison : 7.66 m
Largeur : 3 m
Tirant d’eau : 1.46 m
Surface de voilure (avec flèche) : 72 m²
Motorisation : 27 ch
Poids lège : 6.5 t
Jean Moulin est la réplique d’un sloup langoustier du Cap Sizun. Ces voiliers traditionnels naviguaient entre la baie d’Audierne et l’Ile de Sein à partir des années 1850. Ces bateaux ont fait l’objet d’une étude très riche dans les tomes 4 et 5 du livre « Ar Vag » de Bernard Cadoret. Notons qu’en Bretagne, on disait « sloop » et non « cotre », ce dernier étant réservé à des bateaux plus importants, même si le gréement comporte foc sur bout-dehors et trinquette.
Le projet a initialement été lancé dans le cadre du Lycée technique Jean-Moulin de Plouhinec, situé sur la rive gauche du Goyen, en face d’Audierne. Bernard Ficatier, alors formateur en charpente navale, est à l’origine du projet et en a dessiné les formes et la charpente. Rappelons que Bernard est l’auteur du livre « Concevoir, relever, dessiner, des plans de voiliers », ouvrage de référence sur ce qui représente la partie la plus noble du travail d’un charpentier de navire. Mais le lycée a fermé en 2018 et la charpente du langoustier, partiellement bordée, est restée en l’état.
C’est alors que le Centre Nautique de Plouhinec décide de donner une suite au projet. Il se fait remettre le bateau et recherche des financements. Il me contacte pour prendre la suite de Bernard Ficatier et finaliser les plans de charpente, établir le plan de voilure, définir l’accastillage, assurer la conformité du bateau à la réglementation actuelle. La charpente est transportée dans les locaux des Charpentiers de Cornouaille à Tréboul qui va en achever la construction. Début 2022, le bateau se rend par la mer au moteur à Audierne/Plouhinnec où il est gréé, puis lancé en avril de la même année. En juillet, alors que je faisais escale à Audierne avec mon bateau personnel (Pen-Hir), j’ai pu prendre de nombreuses photos du Jean Moulin en baie d’Audierne.
Le bateau est enregistré en catégorie de conception C avec 9 personnes (ou D avec 12 personnes). C’est un bateau creux (ouvert), mais la norme stabilité (ISO 12217-2) permet d’attribuer la catégorie C à un bateau sans réserves de flottabilité, à condition de satisfaire un critère de raideur à la toile. En pratique, ce critère définit un bateau stable et au franc-bord suffisant pour naviguer en sécurité jusqu’à un vent de force 6 et un état de mer correspondant. Notons que nous avons prévu un petit pont latéral pour augmenter l’angle d’envahissement, ce qui n’était pas le cas des sloops traditionnels de la région. Faire des calculs de stabilité à l’avance, sur la base d’un modèle numérique complet du bateau, permet d’anticiper et d’éviter une obligation d’ajouter des volumes de flotabilité sur un bateau fini. C’est d’autant plus important que créer des espaces fermés et mal ventilés favorise le pourrissement de la structure du bateau, ce que l’on veut éviter à tout prix. Ce petit pont latéral est un exemple type de compromis pour améliorer la sécurité du bateau en conformité avec les normes actuelles, sans compromettre ce qui fait l’essentiel de l’authenticité du bateau. Ce type de pont latéral était d’ailleurs courant en Bretagne Nord.
En savoir plus sur le Jean Moulin sur le site « Patrimoine Martime et Fluvial« .