Petit Trého est le premier exemplaire d’une nouvelle série qui sera proposée très prochainement en version clin de contreplaqué ou en petites lattes. Un exemplaire en petites lattes est déjà en cours de construction par un amateur dans l’est de la France. Petit Trého a été construit par Skol ar Mor. Étant une école de charpente navale traditionnelle, il n’était pas question de construire à partir d’un kit de contreplaqué découpé numériquement. C’est donc une construction en bois moulé qui a été retenue, telle qu’elle était pratiquée de manière courante dans les années 1950 et 1960. Les membrures sont lamellées-collées. Le contreplaqué est toutefois utilisé pour les cloisons, le pont, le puits de dérive, les ballasts liquides et le puits moteur.
À chaque fois que j’ai fait construire un bateau pour moi, j’ai voulu tester de nouveaux concepts et solutions. Ainsi, le Petit Trého est muni d’un ballast liquide de 250 litres afin d’en faire un bateau très stable et à la fois transportable sur une remorque non-freinée. Le puits de dérive utilise un modèle de treuil qui a permis de réduire considérablement son encombrement et de disposer d’un cockpit très spacieux dans lequel cinq personnes peuvent se tenir sans se gêner. Le mât et la corne sont réalisés à partir de tubes standard en carbone, ce qui me permet de mâter seul, malgré mes 77 ans. Les haubans sont en Dyneema, ce qui facilite également les opérations de mâtage et de démâtage. J’ai choisi un gréement de sloup aurique avec une voile de flèche, ce qui permet d’avoir un supplément de voilure par petit temps, et le dessin de la godille a été amélioré pour plus d’efficacité. Ainsi, fidèle à mes convictions, l’usage du moteur électrique restera toujours minimal.
À ce jour, Je suis en train de régler le gréement. Nous en reparlerons donc. Je présente ici en images les étapes de la construction, en notant que les techniques employées découlent en grande partie d’exigences pédagogiques propres à l’école. Par exemple, le pli extérieur en bois moulé est longitudinal, chaque latte étant brochetée (découpe en forme de fuseau). Tout ce beau travail est finalement recouvert de peinture, car je tenais à conserver l’esprit d’un bateau de travail et surtout à limiter les travaux d’entretien. Les surfaces vernies sont réduites au minimum.
Merci à Jean, Arthur, Arnold, Julien et Benoît qui, dans le cadre de leur formation à la charpente navale, ont fait un superbe travail. Ils ont donné une âme à ce nouveau bateau.
Au fait, pourquoi « Petit Trého » ? C’est à La Trinité-sur-Mer, dans les années 1960, que j’ai découvert la pratique de la voile. Le Petit Trého, c’est la dernière bouée du chenal qui mène au large.